J’ai écrit cette chronique il y a trois ans. Wilfred, qui venait de sortir son album (très plate au demeurant), pleurait a chaudes larmes durant une entrevue où il sentait que ceux qui téléchargeait sa musique sur internet le violait. Il sentait comme violé, littéralement.
Premièrement, pour te sentir violé, j’espère que tu ne compares pas ça à un vrai viol sauvage…
Mais bon :)
Alors voici le texte qui s’intitulait “Les larmes de Wilfred”
Je ne vous mens pas, quand j’ai vu Wilfred être ému aux larmes parce que les gens qui ont piratés son album le viole, j’ai presque désinstallé KaaZaa de mon ordinateur.
Non mais ça vraiment passé proche.Nous sommes tellement méchants nous, les gens qui téléchargeons des MP3 sur internet.
Non mais quel fléau.
Nous empêchons ainsi les multinationales de continuer à faire de l’argent sur notre dos et surtout sur le dos des artistes en vendant les albums à un prix exagérément élevé. Si la majorité des revenus allaient à l’artiste, je ne dis pas, mais présentement, c’est les magnats des maisons de disques qui empochent le magot.
Seulement voilà, les nouvelles technologies ont mis sur pied un gros problème pour l’industrie, les gens n’achètent plus les disques d’un artiste qui n’a rien de bon à offrir autre qu’une bonne chanson.
Nouvelle tendance ou juste retour du balancier ?
Mais peut on vraiment parler de nouvelle pratique ou n’est-ce pas simplement une pratique vieille comme le jour qui s’est modernisée ?
Auparavant, en tant qu’adolescents, vous achetiez un paquet de cinq cassettes audio vierges et vous vous postiez près de votre radio en attente de LA chanson que vous vouliez enregistrer.
Lorsque les systèmes de son ont offert deux lecteurs de cassettes, donc la possibilité de copier une cassette originale en partie ou en totalité, plusieurs gens se sont échangées les cassettes pour s’en faire des copies et ça c’est quand nous n’allions pas carrément louer des albums dans les bibliothèques municipales et procéder un même manège.
Lors des émissions spéciales de radio du style Top 100 de l’année, combien d’entre vous se sont armés, copie du palmarès en main, de cassettes pour enregistrer le tout ?
Ensuite, vinrent les disques sur support CD ROM qui ont permis d’enregistrer de CD à cassette.
Était-ce bien différent de ce qui se fait présentement mais à moindre volume ? C’est donc dire que le piratage de musique n’est pas né avec Internet mais ça existe depuis toujours.C’est quoi la solution alors ? Simple. Empêcher la copie des pistes audio des disques en fichier MP3.
Un peu comme les jeux vidéo qui sont maintenant difficilement copiables (sur CD du moins), l’industrie du disque devrait utiliser cette même technologie qui l’embête tant et la mettre à son avantage.
Mais pour se faire, il va falloir dépenser des sous et réduire un peu la marge de profits des bonzes aux gros cigares. C’est bien plus économique de culpabiliser la population et même les taxer sur leur accès internet comme le propose Guy A. Lepage et Jacques Primeau de l’ADISQ.
Pourquoi les compagnies payeraient pour ça alors que c’est toujours le client qui a assumé tous les frais depuis que l’on vend des disques dans le monde.
En tant que personne qui télécharge des MP3, voici un autre son de cloche. Jusqu’à maintenant, les MP3 m’ont permis de découvrir des artistes que je n’aurais sûrement pas connus sans cette technologie.
Les MP3 m’ont poussé à m’acheter des billets de spectacles pour des groupes que j’ai découvert sur internet. J’achète toujours le même nombre de disques que j’achetais auparavant sauf que maintenant, je suis plus précis dans mon achat. Je me fais moins avoir par un artiste qui n’a qu’une bonne chanson sur son album.
Je me fait un devoir moral d’acheter l’album quand l’artiste réussi à me faire aimer trois de ses chansons. Je ne suis certainement pas le seul, et c’est sans compter tous ces gens qui aiment avoir l’album en leur possession. Ça aussi, ça existe.
Vous voulez vraiment encourager Wilfred ? N’achetez pas son disque, allez plutôt le voir en spectacle, c’est là que ça devient payant pour lui. Du coup, il aura moins l’impression que vous le violez.
Ainsi, on pourra tous dormir tranquille en séchant nos larmes devant ce jeune homme qui a travaillé si fort pour se rendre là où il est. Ou plutôt, ce jeune homme qu’on a été chercher à sa porte, qu’on a modelé, formé, qu’on a enfoncé dans la gorge du public dans les journaux, les publications, les chaînes de télé de Quebecor (la fameuse convergence), qu’on a pris et qu’on a traîné dans un studio d’enregistrement pour lui faire faire un disque.
Et maintenant, on le pousse devant la caméra et on lui demande de pleurnicher ? Est-ce vraiment Wilfred qui pleure pour l’industrie ou c’est plutôt l’industrie qui se sert de Wilfred pour chialer ?
Moi, c’est dommage, mais j’ai beaucoup de difficulté à ressentir de la sympathie pour cette cause. Je ne sais pas, ça doit être parce que, à quelque part, il y a quelque chose qui sonne faux.