C’est cyclique. Quand ce n’est pas Thierry Ardisson, c’est d’autres “notables” français qui se permettent de casser du sucre sur la façon dont les québécois parlent français. Cette fois-ci, le secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie française, Maurice Druon, se permet de rire de la façon dont la langue de Molière est parlée ici.
Ça me fait toujours bien rigoler d’entendre Ardisson, traité d’imbécile par plusieurs de ses congénères, rire du parler québécois. Je ris encore après avoir lu Druon parce que la suffisance, moi, ça me fait tordre de rire !!!
S’auto-proclamer les maîtres de la langue française, déjà, ca fait pédant. Mais de se permettre de rabaisser un peuple pour se remonter soi-même, ça démontre un vide intellectuel assez criant.
Monsieur Druon peut dire ce qu’il veut dans le fond. Qui s’en préoccupe ? Le français est parlé différemment dans toutes les nations où il est parlé et c’est ce qui fait la spécifité de la langue. Remarquez que c’est la même chose pour l’anglais, l’espagnol et l’ensemble des autres langues.
C’est tout a fait normal. L’évolution de la langue est tributaire du peuple qui la parle. C’est clair. Malgré tout, il se trouve des Ardisson et des Druon pour discréditer le francais parlé par un autre peuple que le leur.
Ardisson, on s’y attends. Il joue au con. Mais Druon ?
C’est peut-être le fait que la France est incapable de produire des chanteurs de talent ces dernières années ce qui fait que le Québec est obligé d’aller les dépanner pour qu’ils ne se suicident pas en écoutant Renaud débiter ses conneries en faisant semblant qu’il sait chanter. C’est peut-être aussi le fait que l’industrie cinématographique francaise est en chute libre de popularité au détriment des films américains alors que le cinéma québécois n’a jamais été aussi inspiré et aussi populaire, battant même le cinéma américain en terme d’accès au box office.
Mais ce qui me fait surtout rire de Druon c’est quand il parle de la qualité de la langue française comparativement à la langue québécoise. Assoyez-vous 10 minutes avec une revue française et une revue québécoise et comparez les niveaux de langage. Vous allez être surpris à quel point au Québec, le respect de la langue est sacré comparativement à nos cousins.
Ensuite, amusez-vous a compter le nombre d’anglicismes dans les publications francaises. Pour un “stationnement” dans une publication québécoise, il y a combien de “parking” dans les magazines francais ? Pour un “monde du spectacle” au Québec, il y a combien de “showbusiness” en France ? Pour un “magasinage” québécois, il y a combien de “shopping” français ?
Bien sûr au Québec, on parle québécois comme en Suisse parlent le suisse et en Belgique on parle le belge. Sur quelle base compare-t-on qui parle le mieux le français ? Il y a pas vraiment moyen de savoir car bien parler français c’est d’utiliser les règles grammaticales correctement et utiliser un vocabulaire riche dans les moments opportuns. Et ça, toutes les nations de la francophonie peuvent le faire n’en déplaise à monsieur Druon.
J’imagine que monsieur Druon trouve que dire “ma meuf” pour désigner sa copine est mieux que de dire “ma blonde” au Québec. Question de goût.
Pour sa part, le secrétaire honiraire s’est complètement fourvoyé dans son exposé en s’étouffant dans une suffisance crasse qui caractérise, malheureusement, beaucoup de ses cons citoyens.
PS: cons citoyens est un jeu de mot monsieur Druon, vous savez ce que c’est n’est-ce pas ?