
C’est le cri du coeur lancé par l’oncle de la soldate (oui oui c’est bien le mot) Karine Blais au Journal de Montréal.
C’est touchant, on comprend sa douleur.
Sauf que sa demande n’est pas crédible.
Il réagit émotivement comme nous le ferions vous et moi dans pareilles circonstances. Cependant, ce genre d’opération ne se gère pas sur l’émotion sinon dès la première victime, les guerres se termineraient.
On pourrait pousser la réflexion plus loin et demander à l’oncle en question pourquoi avant que sa nièce meurt il n’a jamais alerté les médias pour dire qu’on devrait sortir de l’Afghanistan ? Est-ce que les morts précédentes étaient moins dommageables que celle la ?
Bien sur que non. Sauf que entre lire des noms de soldats morts qui nous sont inconnus dans le journal et voir un de ses proches mourir dans les mêmes circonstances, l’approche n’est pas la même.
Est-ce que le Canada devrait se retirer de l’Afghanistan ? Ce n’est pas une question qu’on pose à quelqu’un qui vient de perdre un être cher dans ce conflit. On lui offre nos condoléances, on le remercie pour le sacrifice de sa nièce, mais on ne lui demande pas de faire une analyse géopolitique.
Les personnes qui s’enrôlent dans l’armée ne pensent pas ne jamais en sortir vivant, c’est évident. Mais ils acceptent tout de même le risque d’un jour devoir participer à une opération de paix ou même à une guerre et qu’ils pourraient ultimement sacrifier leur vie pour la cause.
Est-ce que le père du joueur de hockey Steve Moore qui s’est fait briser le cou par Todd Bertuzzi a demander que la LNH cesse ses activités parce que c’était trop dangereux ? Steve Moore acceptait le risque qu’ultimement, une blessure mette fin à sa carrière
Est-ce que les proches d’un policier mort au devoir demandent le démantèlement de la police ou encore déconseille fortement aux jeunes de devenir policiers ? Bien sur que non. Le policier acceptait le risque qu’un jour, ultimement, sa vie soit en danger et qu’il puisse en mourir.
La même logique s’applique aux soldats.
Est-ce que le Canada devrait sortir de là ? C’est une question sur laquelle chacun à son opinion mais je crois qu’à moins d’avoir les connaissances requises pour évaluer la question (les raisons de notre présence là, sa nécessité, les conséquences d’un retrait etc.), ça ne demeure que de la simple spéculation.
Ca demeure de la gérance d’estrade.
Et ce n’est pas comme ça qu’on évalue la pertinence de notre pays de faire partie d’un conflit ou pas.




