
Barrffff.... y as tu quelqu'un qui a vu ma flute ? baaaaaarf !
J’ai des billets de saison des Alouettes donc par définition hier j’étais au match. La dernière fois, c’était chiant parce que ils vendent des arachides aux Alouettes, comme si y avait pas assez de monde allergique aux arachides dans la vie.
Ils pourraient vendre des chips, des jujubes tsé, des affaires que t’es sur qui a personne allergique. Ben non, ils vendent des PEANUTS !
Donc comme ma blonde est allergique, on espérait qu’il n’y aurait personne qui en aurait hier soir et ce fut le cas. Sauf que le problème c’est qu’on a été confronté à une autre sorte de nuisance. Une gang du Lac St-Jean saoul !
Bon, pas vraiment une gang, ils étaient quatre mais on aurait juré qu’ils étaient quatre fois plus. Ça devait être leur première fois aux Alouettes ou à tout autre endroit avec du monde mais j’aurais voulu tuer.
Quand on va en voyage, souvent on se fait dire par les gens dans ces pays-là qu’ils aiment beaucoup les canadiens, pas les maudits américains sales qui sont impolis et bruyants. D’ailleurs je me souviens d’un gars de Boston qui était sur la même excursion que nous au Mexique.
Tsé le genre qui veut tous le spotlight pour lui, pis quand il les a tous, il s’allume une flashlight parce qu’il n’en a pas encore assez ? Ce genre la. Bruyant, parle tout le temps, essaye d’être drôle mais ne l’est pas pantoute, le guide essaye de dealer avec le mieux qu’il peut mais tu vois qu’il a hâte que la journée finisse.
Ben à ça on doit maintenant ajouter le monde du Lac.
Bon, comprenez-moi bien, j’ai un préjugé favorable pour le monde du Lac normalement. Par mon historique. Mais là, les quatre zoufs ont vraiment mis en miettes ce préjugé positif que je pouvais avoir.
Premièrement, ils sont arrivé visiblement déjà réchauffés et une des premières choses qu’ils ont dit c’est “Coudonc’ yé où leu gâ ak la byeye ?” Ça c’est écrit en reproduisant l’accent très accentué qu’ils avaient mais ce qu’il voulait savoir c’est y était ou le gars avec la bière. Ça annonçait bien le déroulement de la soirée qui allait suivre.
On savait déjà que plus que les bières allaient s’ingurgiter, plus ils allaient parler forts, essayez d’être drôle et parler à tout le monde autour d’eux. Mais c’est pas ça le pire. Non.
Le pire c’est qui en a un des tatas qui avait sa flute e hockey. Savez la calisse de flute sale qui a partout dans les arénas ? Lui y avait ca et nous soufflait ça dans les oreilles à tour de bras.
Comme ça tapait sur les nerfs d’un peu tout le monde autour, les gens se retournaient avec beaucoup d’impatience dans le regard comme pour signifier que c’était très dérangeant comme bruit.
À un moment donné, le zouf à la flute s’en est rendu compte et il a dit à ses chums en riant “Hey, je tombe sué nerfs a tout le monde avec ma flute haha” avant de continuer de plus belle.
Ils étaient un plein dans le niveau 1 de l’état d’ébriété, c’est à dire: Être très bruyant et perdre toute notion de civilité.
Je vous jure, ils auraient été dans leur salon qu’il n’aurait pas agi autrement.
Ensuite vint le niveau 2 de l’état d’ébriété, inclure les autres dans leur trips. Oui oui, la ils se sont mis à vouloir faire des jokes avec le monde, leur parler comme si c’était leur oncle où leur voisin et évidemment, parler encore plus fort que dans le niveau 1.
Ils sont partis durant une bonne dizaine de minutes, la paix. La sainte Paix. La crisse de paix sale !!! Juste le monde qui applaudissent quand y a un beau jeu, qui huent sur une mauvaise décision des arbitres, qui s’énervent quand les Alouettes font une percée avec le ballon. Pas quatre épais qui nous rentrent dans leur party de force. Party auquel on ne veut surtout pas participer mais qu’on nous le force dans le fond de la gorge à grands coups de flute de hockey !
Finalement, ils sont revenus en parlant tout aussi fort et avec chacun une bière dans les mains.
Mais ce fut un mal pour un bien parce que ils sont finalement entrés dans le niveau 3 qui précède évidemment le très recherché niveau 4.
Donc le niveau 3 c’est perte de toute sorte d’inhibition quelle qu’elle soit. On a donc eu droit aux discussions de cul, aux préférences de cul, à savoir qui était circoncis et qui ne l’était pas. Tout ça évidemment enrobé de rires gras et sur un ton de voix proche du gueulage.
Le genre de discussion que t’as juste le goût de crier TOO MUCH INFORMATION !!!!
Mais finalement, le niveau 4 est arrivé. Le béni niveau 4, celui où les sâoulons se calment pour se parler comme jamais ils ne se sont
parlés, profondément, avec sincérité et avec surtout beaucoup de philosophie. Vous savez celui où notre état d’ébriété nous donne une soudaine épiphanie ? Soudainement on comprend comment le monde fonctionne et on partage la bonne nouvelle ? Oui ce niveau là.
Le niveau 4 est apparu au début du quatrième quart. Ha quelle joie. Pu de flute, pu de criage, pu de savoir qui est un buttman et qui est un breastman. Non non, juste une discussion sur un ton de voix tellement neutre qu’on avait peine à entendre ce qu’ils disaient, pour notre plus grand plaisir.
Morale de l’histoire, si vous voyez des gens arriver à un événement déjà ben réchauffés, dites vous que vous êtes dû pour une très dure soirée ! Deux choix s’offrent à vous. Soit vous buvez plus qu’eux et non seulement vous ne les endurez plus mais vous êtes maintenant les fatigants de la soirée, soit vous priez pour que le niveau 4 arrive le plus vite possible.