Archive for février 2006

h1

Le gambling, plaie sociale

mardi, 21 février 2006

J’ai connu un jour un président de compagnie de publicité pour qui les choses allaient bien. Grosse cabane, gros char, le kit du parfait petit entrepreneur qui flash. Vous savez, le genre de bonhomme un peu narcissique qui croit qu’il y a Dieu, lui et le reste du monde. Le genre de bonhomme de 50 ans qui ne veut que se promener avec des jeunes filles début vingtaine, même âge que sa fille.

Un jour il a découvert les joies du casino. Voilà notre homme qui croit maintenant avoir trouvé le moyen de déjouer Loto Québec et le casino en établissant des combines et en jouant avec les probabilités. Il ne pouvait pas perdre. Pourtant, il a tout perdu. Sa compagnie, sa maison, son char, ses petites amies!

Il est un peu moins fanfaron, mais il persiste à croire qu’il a la formule magique pour vaincre le Casino et qu’on peut gagner de l’argent si on trouve… le truc. Sauf qu’il n’y a pas de truc.

Il agit exactement comme la majorité des joueurs compulsifs : il pense détenir la recette magique. Ces joueurs sont tellement avides du gain rapide et facile qu’ils confondent réalité et fiction. Ils se croient plus intelligents et astucieux que tout le monde.

Le gambling est une maladie au même titre que l’alcoolisme et la toxicomanie. Sauf qu’elle ne semble pas être reconnue au même titre. L’État prend contrôle des machines de pokers et pond des casinos à la grandeur de la province, mais offre peu de services aux joueurs compulsifs qu’il entraîne dans son giron. Il n’y a, au Québec, qu’une seule maison de thérapie pour les joueurs compulsifs. UNE.

Ça me fait toujours rigoler d’entendre Loto Québec nous dire qu’elle investit tant de pourcentage de ses recettes dans la lutte contre le gambling. Voyez-vous ça à quelque part? Où est le Centre de thérapie Loto Québec contre le gambling? Quelles sont ces mesures?

Les histoires d’horreur sont de plus en plus fréquentes. Il faudra combien de suicides, de familles brisées pour que le gouvernement agisse?

Les joueurs compulsifs sont généralement des individus qui manquent de confiance en eux et en l’avenir, qui sont matérialistes, rêveurs et qui ont l’appât du gain très ancré en eux. Mais ce sont des gens mariés, des honnêtes citoyens qui ne demandent que d’arrêter de jouer le plus tôt possible mais qui, sans aide, n’y arriveront pas.

Un joueur compulsif peut se mettre dans le trou beaucoup plus rapidement qu’un alcoolique ou un toxicomane. Ces deux dernières catégories ne dépenseront jamais 50 000 dollars en une nuit pour combler leur faiblesse, le joueur, lui, le peut. Personne ne peut boire pour 50 000 dollars en une nuit sans mourir auparavant, même chose pour un toxicomane. Les pertes du joueur compulsif n’ont pas de limites. C’est sûrement son plus grand désavantage.

La dernière fois que j’ai revu notre ami ex-président de compagnie, il était dans un café Internet en train d’envoyer des CV. Quand je lui ai demandé ce qu’il faisait de bon, il a dit qu’il était sur un nouveau projet et que ça ne pouvait pas foirer. C’est là que j’ai compris comment il était loin d’être sorti de l’auberge.

h1

Internet ce mal aimé

lundi, 20 février 2006

Depuis qu’il fait partie de nos vies, Internet a été cloué au pilori plus d’une fois pour différentes raisons aussi farfelues et simplistes les unes que les autres. Internet favorise l’éclosion des pédérastes et la perversion sexuelle, il brise les couples, permet aux jeunes de fabriquer des bombes et quoi encore !

Il est courant de viser la cible la plus accessible et la plus commode lorsqu’on ne sait pas pourquoi un événement arrive ou qu’une situation perdure. On s’en lave les mains et, en optant pour la facilité, on évite de se regarder soi-même dans le miroir.

L’ignorance et la peur des nouvelles technologies sont le moteur même d’une paranoïa qui attaque les personnes les plus sensibles. Quand on ne connaît pas quelque chose, ça nous fait peur. C’est sûrement pour cette raison que beaucoup d’entre nous avons peur de mourir: l’inconnu.

Ça nous fait bien rigoler aujourd’hui lors des partys de Noël, mais souvenez-vous que plusieurs personnes avaient peur d’utiliser les guichets automatiques il y a à peine une dizaine d’années. Peur de perdre de l’argent, peur de perdre sa carte et qu’on aille prendre son bien malgré le NIP, peur qu’il y ait des erreurs dans l’acheminement de la transaction, peur de la machine, peur de se tromper: l’inconnu.

Ce qui me surprendra toujours, c’est l’incohérence des comportements de certains quand il est question de sécurité. On a peur des transactions électroniques par cartes de crédit qui sont devenues hyper sécuritaires, mais on n’hésite pas deux secondes à remettre notre précieuse carte au serveur d’un restaurant qui s’en va dans l’arrière boutique y faire Dieu sait quoi. Vous croyez qu’il ne peut pas copier votre numéro de carte et sa date d’expiration?

Pensez-vous vraiment qu’un individu décide de devenir pédophile parce qu’il peut avoir accès à de la porno infantile sur Internet? Comment fonctionnaient les cercles pédérastes avant l’arrivée d’Internet? Le téléphone? Le courrier? les rendez-vous clandestins?

Il y avait de la porno infantile qui circulait auparavant et Internet n’a pas changé ça, sauf que le processus est plus rapide. Mais, entre vous et moi, mettre la main sur de la porno mettant en scène des enfants six semaines plus tôt qu’auparavant, quelle est la différence? Le fond du problème demeure le même.

C’est comme cette personne qui abandonne son conjoint ou sa conjointe pour quelqu’un rencontré sur Internet. Est-ce à cause du méchant Internet que ce couple est brisé? Internet peut-il briser un couple solide formé de deux personnes qui s’adorent? Impossible.

L’internet n’est que l’outil, une occasion, tout comme les lignes de rencontre, les agences, les partys et toutes les occasions de la vie courante.

Certaines personnes sont parties d’une relation insatisfaisante pour se retrouver avec quelqu’un rencontré sur Internet et c’est l’amour fou, un amour qui dure.

Il est facile de jeter la pierre aux nouvelles technologies lorsqu’il est question de trouver un coupable, mais c’est de se mettre la tête dans le sable, c’est de chercher au mauvais endroit.

Si on y regarde à deux fois et qu’on cherche vraiment les raisons derrière les événements attribués de facto à l’Internet, on s’aperçoit que la source du problème est tout autre. S’il y a un rôle qu’on peut attribuer à Internet, c’est celui de catalyseur. Les événements se seraient produits un jour d’une manière ou d’une autre. Alors quoi?

L’Internet est un miroir de la société. Il y a des gens stables, émotifs, équilibrés, vulnérables, séducteurs, timides, populaires, laissés pour contre, intelligents et imbéciles.

Internet est un reflet, pas toujours très agréable, de ce que nous sommes. Blâmer cette nouvelle réalité de tous les péchés de la terre, c’est refuser de voir la réalité en face et ça, c’est beaucoup plus dangereux que l’inoffensive toile mondiale.